05/12/2014

Inondations : 3000 volailles ont succombé, l'heure est à la gestion des risques sanitaires

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L'heure est à la gestion des risques sanitaires à " Roussillon Œuf ", touchée de plein fouet par les inondations lors des pluies diluviennes du week-end dernier. La solidarité bat son plein.

IMG_3862.JPGHier matin, réunion de crise avec René Olive, conseiller général du canton de Thuir, Pierre Estève, vice président du conseil général chargé de l'agriculture, Rolland Thubert, maire de Ponteilla-Nyls en présence du représentant de la société d'assurance de l'entreprise et de Jacques Boyer, huissier de justice afin d'aider Thierry Gallart dans l'organisation du déblaiement des volailles. « L'urgence sanitaire est réelle, il faut maintenant agir rapidement » insiste Thierry Gallart qui depuis ce week-end s'occupe d'avertir les différents services de l'Etat.
Après mobilisation des CDIS Canterrane et du Soler, sept pompiers volontaires ont donc été dépêchés épaulés d'une formidable solidarité humaine composée d'amis, de viticulteurs, d'anciens employés de l'entreprise, d'adjoints au maire..., tous heureux de venir an aide à Thierry Gallart et sa famille qui emploient une vingtaine de salariés, se trouvant aujourd'hui dans le désarroi. Mais aussi parce que cette famille, dont non seulement l'exploitation avicole est lourdement touchée puisqu'elle perd la totalité de ces volailles destinées à la consommation, se voit privée aussi de toit, avec son habitation sise sur le même site et doit vivre à l'hôtel depuis ce drame. Heureusement, eux ont pu être secourus et le bâtiment contenant les poules pondeuses n'a pas été touché, la production d'œuf continue normalement.
IMG_3878.JPGLes bénévoles en action
Dès neuf heures, l'entreprise distribue donc bottes, masques, gants, casques, combinaisons, lunettes de protection à l'ensemble de l'équipe devant intervenir. Les « hommes en blancs » montent ensuite dans le camion qui les rapproche au plus de près de la zone sinistrée. Le silence tout à coup s'impose devant un tel spectacle de désolation. Les cadavres s'entassent, les volailles survivantes sont affamées, blotties, affolées et souvent agonisantes. Après quelques secondes sans trop savoir que penser, tous se mettent au travail, certain récupèrent les corps sans vie, d'autres attrapent les survivantes mises aussitôt en cage.IMG_3906.JPG La DSV (Direction des Services Vétérinaires) arrive en ensuite et commence à euthanasier toutes les volailles sans exceptions, le risque sanitaire est trop important et ces animaux devenus impropres à la consommation. Les caisses de volailles s'entassent et finalement, la DSV donne son feu vert pour que la salle d'abattage entre en fonction et puisse ainsi abréger au plus vite les souffrances des volatiles. Une fois abattues, les volailles sont stockées dans de grands sacs en attendant leur départ pour l'équarissage. IMG_3925.JPGLe bâtiment le plus dangereux car menaçant de s'effondrer a été géré uniquement par les pompiers, seuls à même d'appréhender les risques. Thierry Gallart toujours sous le choc ne peut retenir son émotion « lorsque nous avons appris l'alerte météo dans le département, nous avons immédiatement recruter des intérimaires pour travailler tout le vendredi d'arrache pied à rentrer toutes les volailles dans les bâtiments pour les protéger mais tout cela pour rien, l'eau est montée à 1,60 mètres et voilà le résultat ».
Les incertitudes
Reste encore la trentaine de moutons utilisée pour l'entretien des prés, qui depuis la catastrophe est restée les pieds dans l'eau dans la bergerie et dont la DSV doit se prononcer. IMG_3903.JPGDe plus, l'incertitude pour les aviculteurs reste entière. Pourront-ils continuer l'exploitation ? Quelles solutions techniques au niveau du territoire peuvent être trouvées pour qu'un tel drame ne se produise plus ? L'indemnisation sera-t-elle rapide ? Toujours est-il que même immergé au cœur de ce drame, l'entreprise a su prendre les bonnes décisions, en bon professionnel, alarmer les services de l'Etat afin de gérer au mieux les risques sanitaires inhérents à une telle catastrophe.